Lansargues presse le jus pour oublier le vin!
Par cg le vendredi 19 mars 2010, 09:21 - Des infos - Lien permanent
Article extrait du Midi Libre La cave coopérative de Lansargues est vide depuis plusieurs années. « Elle ne sert plus à rien », lâche le président, Gérard Matte. Plus une goutte de vin dans ses cuves béton. Pas d'AOC à l'image valorisante sur laquelle s'appuyer. L'une des travées du bâtiment a même été vendue à la mairie, qui est en train d'y bâtir, dans un somptueux volume, des ateliers municipaux. Et pourtant, les coopérateurs vont plutôt bien ! La faute, ou plutôt grâce, au jus de raisin. Ils en pressaient déjà depuis plus de quinze ans, quand, « il y a quatre-cinq ans », ils ont décidé de s'y consacrer totalement. 70 apporteurs (un tiers de Lansargues) y produisent ainsi 22 000 hectolitres de jus. Le vin, il s'en fait juste « 100 hectos, pour notre consommation personnelle », explique le président. La totalité du jus est directement acquise par Foulon Sopagli, le premier producteur européen de jus de raisin. « Ils nous l'achètent en direct. On est sûrs d'être payés. Ils l'achètent avant même la vendange ! »La cave a donc un employé à l'année, qui assure l'entretien, et des saisonniers pendant les vendanges, qui doivent être précoces (l'acidité est en effet bienvenue) pour les hybrides blancs utilisés. La cave a aussi une certification Écocert. Mais voici que, désormais, le jus de raisin voit un avenir nouveau se dessiner. Un projet national de création de cépages spécifiques est en effet en cours, en liaison avec l'Institut national de recherche agronomique (Inra). « Vingt cépages devraient sortir. Sur les tablettes, il y a notamment 3 000 ha prévus en Languedoc-Roussillon », précise Gérard Matte. Alors, les coopérateurs de Lansargues sont bien décidés à se mettre au jus. Mais pour cela, il leur faudra souvent arracher, replanter « C'est du verger, du fruitier. Il n'y a plus d'autorisation pour planter mais on n'a aussi plus droit à aucune aide, puisque ce n'est plus du viticole. Pour une reconversion, ce sera un coût très lourd. Et on ne connaît pas encore celui des nouveaux plants ! Il faut nous aider ! », expliquent les Lansarguois. Le dernier bastion viticole avant l'étang de l'Or veut gagner ce pari. « C'est une filière nouvelle ! Dans l'Aude, en Ardèche, il y a des plantations. On ne voudrait pas que l'on nous rafle la mise ! » Les coopérateurs ont donc profité de la campagne électorale pour interpeller les politiques de tous bords sur leur projet. Pour eux, désormais, la réponse presse.