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« Ce serait un camion qui klaxonne comme au bon vieux temps », explique Carole Depit. Travailleuse sociale, elle souhaite lancer une boutique itinérante solidaire qui tournerait sur le territoire du Pays de Lunel. Un projet qu'elle porte avec conviction depuis neuf mois. « Les populations précaires en ont marre des marchés de pauvres, des bons alimentaires, ils ont besoin de retrouver une dignité », poursuit-elle. « Cela impliquerait des agriculteurs locaux pour l'approvisionnement ». En discussion avec les collectivités, Carole Depit n'a pas fini de convaincre... Alors vendredi dernier à Marsillargues, le forum régional sur l'alimentation locale était l'occasion de défendre son projet devant une centaine d'acteurs du secteur et de la région. Organisée par le Civam (Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural), cette journée avait pour objectif de montrer diverses expériences extérieures et d'apporter des témoignages sur la problématique de la relocalisation de l'alimentation. « C'était dans la continuité du travail effectué avec la Communauté de communes du Pays de Lunel », rappelle Nabil Hasnaoui Amri, coordinateur du forum pour le Civam. Leur idée : développer une agriculture locale capable de fournir des circuits de proximité. Et séduire les agriculteurs encore réticents. Le débat public s'organise, qu'on se le dise. Dans le droit fil du film documentaire Nos enfants nous accuseront qui plante le décor chez nos voisins gardois, à Barjac. A Marsillargues, sa projection était encouragée « même s'il est alarmiste, il doit être encadré par de l'information » , soulignait-on. En jeu et au coeur des préoccupations : la cantine. Nabil Hasnaoui Amri explique : « Nous accompagnons les agriculteurs existants dans leur changement de pratique. Ils doivent en effet passer à des gammes variées écoulées en circuit local. Une des hypothèses est de travailler avec la restauration collective pour écouler plus de volume. » A Lunel, un diagnostic sur l'offre des restaurants collectifs et leur approvisionnement doit être mis en oeuvre. « Puis on transmettra ces données aux producteurs pour la mise en relation. Mais cela demande beaucoup de volontarisme. » Avenance , qui assure les repas lunellois, sera reconduite ou pas en juillet 2010. Reste à savoir dans quelles conditions, elle (ou une autre société) sera prête à travailler avec les producteurs locaux.

Mélissa ALCOLÉA