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lundi 6 février 2012

OGM : la guerre reprend

Pendant le tohu-bohu de la campagne présidentielle, la vie déroule ses flots imprévisibles. Et si le débat oublie l'environnement, celui-ci n'en continue pas moins de développer problèmes et conflits. Ainsi en va-t-il de la guerre des organismes génétiquement modifiés (OGM). La trêve avait été conclue en janvier 2008 : le gouvernement décidait le moratoire sur la culture du maïs transgénique de Monsanto. La paix revint dans les campagnes. Mais les adversaires ne désarmaient pas. En septembre 2011, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) jugeait mal fondée la décision, qu'annulait, le 28 novembre, le Conseil d'Etat. La culture du maïs transgénique redevenait possible en France. Ministres et président juraient alors qu'ils ne le permettraient pas. En même temps, le gouvernement demandait au Haut Conseil des biotechnologies (HCB) de lui indiquer comment organiser la coexistence entre cultures transgéniques et normales, de façon que les premières ne nuisent pas aux autres. Au terme de divers épisodes, le HCB rendait des avis contournés. Des virulentes discussions ayant agité cette honorable assemblée, il ressortait que la coexistence était envisageable, à condition de l'encadrer de nombreuses et difficiles précautions.

Sans doute la sophistication de cette position parut-elle excessive au ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire. Il déposait, le 30 janvier, un projet d'arrêté sur la mise en culture des OGM, réduisant au minimum les précautions à prendre et négligeant l'avis du HCB. De son côté, la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, promet que le gouvernement prendra une mesure d'interdiction fin février.

Celle-ci pourrait s'appuyer sur le tort fait par les OGM aux apiculteurs, reconnu par un autre jugement de la CJUE le 6 septembre 2011. A condition que le veuille le ministère de l'agriculture, ce qui pourrait n'être pas le cas. Si bien que la décision, si elle ne se réfère pas aux abeilles, risque d'être annulée par le Conseil d'Etat, saisi en référé par les promoteurs des OGM. Ceux-ci planteraient alors le maïs transgénique en avril ou en mai. Une jolie chausse-trappe pour le tout nouveau président...

Les OGM restent un problème politique. Qui ne pourra pas se résoudre tant qu'on ne formulera pas clairement le choix qu'ils impliquent : une agriculture productiviste et destructrice d'emplois, ou une agriculture écologique et créant du travail.

kempf@lemonde.fr

Hervé Kempf

Article paru dans l'édition du 05.02.12

DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ MENSONGÈRE APRÈS 15 ANS DE MATRAQUAGE ET DE DÉGÂTS

C'est officiel depuis fin septembre 2011 c'est pourquoi il n'y a plus de pub à la télé

Le « pavé dans le pot de yaourt » qu'a lancé Didier Raoult *, chercheur français, dans la prestigieuse revue scientifique « Nature » de septembre 2009 a fini par être payant.

Pour le patron du labo de virologie de la Timone à Marseille, les yaourts et autres boissons lactées farcis aux pro biotiques que l'on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient une grosse part de responsabilité dans l'épidémie d'obésité qui frappe les enfants.

Les pro biotiques que Danone ajoute à tout va dans divers yaourts sont selon les allégations de la marque assénées à la télévision, censées « booster » les défenses immunitaires. On en trouve plus de 1 milliard par pot d'Activia ou d'Actimel.

Le hic est que ces bonnes bactéries «actives et vivantes », dixit Danone, sont les mêmes que celles utilisées depuis longtemps dans les élevages industriels comme activateurs de croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et poulets. Un porc ainsi gavé de pro biotiques, c'est plus de 10 % de gagné sur la balance.

Danone pousse donc à « élever » nos enfants comme des cochons ou des poulets !

En fait, en début d'année, des chercheurs ont eu l'idée de comparer la flore intestinale des obèses et des non obèses. Et là, surprise, les premiers étaient bourrés de pro biotiques, ceux qu'on trouve justement dans les yaourts «santé plus».

Didier Raoult commente : « On a autorisé pour l'alimentation humaine des activateurs de croissance utilisés dans les élevages, sans chercher à savoir quel serait l'effet sur les enfants ». Du coup, celui-ci a réclamé des études pour connaître le rôle précis de TOUS les produits lactés dans l'épidémie d'obésité infantile.

En outre, il n'y a pas que les enfants qui sont victimes de cette supercherie : « J'ai rencontré de nombreuses femmes potelées bien que sous alimentées, et qui cherchaient désespérément à maigrir en se limitant à quelques yaourts par jour plus quelques babioles ». Et désespérante désillusion, elles continuaient à grossir, étaient de plus en plus fatiguées et fragiles....

Finalement, les semeurs d'alerte indépendants ont fini par émouvoir les services officiels avant que le scandale n'éclate trop au grand jour.

C'est ainsi qu'ils viennent de mettre la pression sur le groupe Danone, l'obligeant, selon les termes délicats des grands journaux « à revoir sa copie » (Un monstre comme Danone, ça se ménage). Il faut tout de même réaliser que cela pourrait être un coup dur pour le lobby puisque les groupes Actimel Europe et Activia Europe pèsent ensemble > 1,5 milliards d'Euros sur un chiffre total Danone de 15 milliards, soit 10 %.

Mais ne nous faisons guère de soucis pour cette entreprise de tricheurs, car entre ses discrètes et adroites man½uvres de retrait publicitaires et les addictions de beaucoup de consommateurs, il n'y a pas vraiment le « feu au lac », en attendant qu'on nous invente une autre « Salade à la mode ».

Faites passer...c'est de salubrité publique...!

* Didier Raoult est professeur de microbiologie et spécialiste des maladies infectieuses. Il dirige l'Unité de Recherche en Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes (URMITE) de Marseille. Le Grand Prix Inserm 2010 lui a été décerné à 58 ans pour l'ensemble de ses travaux sur les agents pathogènes et sa découverte des virus géants.

FAIT SUIVRE CAR D'UTILITE PUBLIQUE...!

mardi 31 janvier 2012

Production agricole algérienne en 2011 : Ce que le bilan officiel ne dit pas

l’intérêt de cet article, pour ce qui nous concerne, réside dans la description du phénomène d'urbanisation au détriment des meilleures terres agricoles de l'Algérie. Alors que nos élus nous annoncent une révision du SCOTT et donc des PLU par la suite, aurons nous à écrire un article similaire dans quelques années? Cliquez sur le lien ci aprés. http://paysansdalgerie.wordpress.co...

mardi 29 novembre 2011

Agriculture : la réutilisation des semences sera sanctionnée!

Le Parlement a adopté, lundi 28 novembre, une proposition de loi UMP sur "les certificats d'obtention végétale". Il devrait simplifier l'utilisation de semences de variétés protégées. Une simplification contestée par certains syndicats professionnels, qui estiment qu'elle "bafoue" des pratiques agricoles ancestrales. Le texte du sénateur UMP Christian Demuynck a été adopté par le Sénat en première lecture le 8 juillet et transpose une convention internationale pour la protection des obtentions végétales de 1991. Voté dans les mêmes termes par l'Assemblée, lundi soir, le texte est donc adopté par le Parlement définitivement.

Il conforte les spécificités du "certificat d'obtention végétale", un droit de propriété intellectuelle original créé par la France pour les semences afin d'éviter le recours aux brevets mis en place notamment aux Etats-Unis pour le vivant. Le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, a défendu devant les députés le certificat d'obtention végétal, sinon "le modèle du brevet prendra le pas, c'est-à-dire la captation de toutes les nouvelles variétés performantes".

"SITUATION DE NON-DROIT"

Le texte est contesté par des syndicats agricoles et collectifs car les agriculteurs devront désormais payer une indemnité, sous conditions, lorsqu'ils réutilisent leurs semences d'une année sur l'autre. Plusieurs dizaines de personnes, dont des militants de la Coordination rurale, se sont rassemblées devant l'Assemblée lundi pour protester.

Selon M. Le Maire, la pratique des semences de ferme "doit être autorisée, mais elle ne peut pas être libre de droit comme elle l'est aujourd'hui". Il a évoqué actuellement une "situation de non-droit" et "une incertitude juridique". L'idée est aussi de "poursuivre le financement des efforts de recherche" et "de continuer d'améliorer les ressources génétiques", expliquent les défenseurs du texte.

"MENACE CONTRE LES DROITS FONDAMENTAUX DES AGRICULTEURS"

Le député Jean-Pierre Brard (apparenté PCF) a attaqué le ministre bille en tête : "Vous, c'est pas la sélection naturelle, c'est la sélection boursière !", l'accusant de faire la part belle aux grands semenciers et d'opérer "un passage en force". Anny Poursinoff (Europe Ecologie-Les Verts) a taxé le texte de "menace contre les droits fondamentaux des agriculteurs". Pascal Brindeau (Nouveau Centre) a reconnu que "des questions subsistent".

Germinal Peiro (PS) a parlé de "dîme" et exhorté en vain le ministre à modifier le point sur les semences de ferme. "Vous êtes en train de livrer l'agriculture aux rois de la semence", a-t-il lancé en expliquant que les socialistes votaient contre. 200 000 agriculteurs utilisent leurs semences, a affirmé de son côté Frédérique Massat (PS). Le collectif Semons la biodiversité estime que ce texte "bafoue un droit ancestral des paysans". "Cette proposition de loi digne de l'Ancien Régime a fait lever un vent de fronde dans les territoires ruraux. Et il risque fort d'emporter lors des législatives de 2012 bon nombre de députés qui la voteraient", poursuit ce collectif. La Confédération paysanne juge que "le droit des paysans de ressemer et d'échanger leurs semences est le fondement de l'agriculture et de la biodiversité, il ne peut pas être remis en cause au profit d'intérêts privés".

La proposition de loi favorise aussi la conservation de variétés anciennes en constituant une collection nationale.

LEMONDE.FR Avec AFP | 29.11.11 | 10h27 • Mis à jour le 29.11.11 | 11h32

Vin: exploitations et surfaces en baisse, surtout en Languedoc-Roussillon

Le nombre des exploitations viticoles en France a diminué de 25% en dix ans tandis que la surface consacrée à la vigne a elle aussi baissé, la région Languedoc-Roussillon étant la première touchée, selon les résultats du recensement agricole sur la viticulture, publiés mardi.

Le nombre des exploitations viticoles en France a diminué de 25% en dix ans tandis que la surface consacrée à la vigne a elle aussi baissé, la région Languedoc-Roussillon étant la première touchée, selon les résultats du recensement agricole sur la viticulture, publiés mardi.

Le recensement porte sur la période 2000-2010. Les résultats sont publiés filière par filière, au fur et à mesure de leur décryptage par le service statistiques du ministère de l'agriculture, Agreste Primeur.

En 2010, le vignoble français comptait quelque 85.200 exploitations, contre quelque 110.000 dix ans plus tôt (-25%). La surface a quant à elle baissé de 11%, passant de 876.200 hectares à 788.700 ha.

Comme le reste de l'agriculture, la filière se féminise: 27% des chefs d'exploitation sont des femmes (contre 23% pour les autres filières).

En 2000, les femmes représentaient 23% des exploitants et en 1988, seulement 13,5%.

L'âge moyen du viticulteur est de 52 ans, soit un an de plus que l'ensemble des agriculteurs.

Premier vignoble français, le Languedoc-Roussillon a perdu pendant la dernière décennie plus du cinquième (21,3%) de sa superficie pour arriver à 201.500 ha.

Après avoir longtemps privilégié la quantité, la région s'est résolue à une restructuration drastique de son vignoble, accompagnée de vastes plans plans d'arrachage de vignes.

Malgré ce recul, le Languedoc-Roussillon demeure la plus importante région viticole de France et du monde (en surface), une première place qui lui est toutefois de plus en plus difficile de tenir.

En deuxième position, loin derrière le Languedoc-Roussillon, figurent la Vallée du Rhône-Provence (148.500 ha), un bassin qui a lui aussi perdu 11,4% de sa surface, et l'Aquitaine à 137.600 ha (-5,4%).

La région des Charentes (Cognac) avec 79.900 ha reste stable (-0,1%) devant le Val de Loire et le Centre (62.100 ha, -8,1%), le bassin viticole composé de la Bourgogne, du Beaujolais, de la Savoie et du Jura (53.100 ha, -5,7%) et le sud-ouest (40.400 ha, -15%).

A contre-courant, deux régions ont vu leur superficie augmenter: la Champagne (33.400, +7,6%), et l'Alsace (16.200, +5,1%).

Plus des deux-tiers des exploitations (68%) produisent du vin AOP (Appellation d'origine protégée, ex-AOC appellation d'origine contrôlée) et certains bassins comme la Champagne, l'Alsace, l'Aquitaine, la Bourgogne, Beaujolais, Savoie et Jura se consacrent quasi-exclusivement à cette production.

En 2010, les coopératives ont vinifié 39% de la production pour 55% par les caves particulières, autrement dit les vignerons indépendants, qui en dix ans plus tôt vinifiaient 51% de la production.

"Cette légère augmentation est plus liée au fait que les régions où les coopératives sont présentes régressent dans la production nationale, comme c'est le cas dans le Languedoc-Roussillon, alors que les régions où il y a plus de caves particulières, comme l'Alsace et la Bourgogne, résistent mieux", souligne un expert du ministère.

Plus du quart de la production (28%) des caves particulières est commercialisé directement aux consommateurs, une part bien inférieure aux ventes effectuées via les négociants ou groupe de producteurs (64%). Un modèle que nombre de vignerons voudraient renverser, estimant être victimes d'une "très forte pression sur les prix" de la part des négociants.

© 2011 AFP

mercredi 12 octobre 2011

Bruxelles a proposé mercredi de mettre les agriculteurs "au vert"

Bruxelles a proposé mercredi de mettre les agriculteurs "au vert" en conditionnant une partie des aides au respect de l'environnement, et de rendre la politique agricole commune (PAC) plus équitable en plafonnant les subventions, malgré les réticences du secteur.

"Une rédéfinition de la PAC est nécessaire", a jugé le commissaire chargé de l'Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, en présentant sa réforme des subventions agricoles européennes à compter de 2014.

Il a notamment proposé de lier 30% des aides versées aux quelque 12 millions d'exploitations de l'Union européenne à des pratiques plus "vertes" comme la diversification des cultures, le maintien de pâturages permanents, et la préservation de réservoirs de biodiversité ou d'éléments de paysage sur au moins 7% des surfaces arables.

Dacian Ciolos a plaidé pour un tournant vers des "pratiques de production durable", alors que l'UE a des années durant poussé les agriculteurs "sur la voie d'une productivité sans contrainte".

Autre proposition-phare: le plafonnement des aides, qui seront dégressives à partir de 150.000 euros par an et par ferme, et ne pourront pas dépasser les 300.000 euros.

L'Allemagne ou encore le Royaume-Uni où les fermes de la couronne d'Angleterre engrangent chaque année des centaines de milliers d'euros de subventions sont opposés au plafonnement, brandissant le risque d'un morcellement de leurs grandes exploitations.

Ces dernières sont toujours plus nombreuses dans l'UE: en sept ans, le nombre de fermes a diminué de 20% pour une réduction de seulement 2% de la superficie agricole, selon Eurostat.

Critiquée par la Cour des comptes européenne pour avoir versé des aides à des clubs de golf ou à des aéroports, la PAC sera par ailleurs réservée à l'avenir à des "agriculteurs actifs".

Appelant à un changement de "paradigme", Dacian Ciolos a aussi plaidé pour l'introduction dans les Etats d'un système de paiement unique à l'hectare qui devrait rééquilibrer progressivement les subventions au profit de l'agriculture extensive.

Toutefois, on est encore loin d'un rééquilibrage équitable des enveloppes allouées à chaque Etat. La France continue d'être le premier bénéficiaire et perdra relativement peu, tandis que les pays d'Europe de l'Est continueront à toucher des primes à l'hectare nettement en deçà de la moyenne européenne.

A Bruxelles, des dizaines d'agriculteurs baltes ont protesté contre ce compromis qu'ils jugent désavantageux.

"La politique, plus encore au niveau européen, c'est l'art du possible et des équilibres", a convenu M. Ciolos. "Le plus important est d'impulser un mouvement dans la bonne direction", a-t-il estimé.

Ses propositions feront désormais l'objet de négociations entre les députés européens et les 27 gouvernements. Ces discussions seront ardues.

Mercredi, le ministre italien de l'Agriculture a jugé la réforme "globalement insatisfaisante", tandis que son homologue britannique a critiqué des propositions qui "en l'état nous ramènent en arrière".

La principale organisation d'agriculteurs en Europe, le Copa-Cogeca, s'en est prise au principe des jachères écologiques, "illogique alors que la demande alimentaire mondiale devrait augmenter de 70% d'ici à 2050".

Pour les ONG environnementales au contraire, la proposition ne va pas assez loin. Selon Greenpeace, il s'agit d'une "mauvaise nouvelle pour l'environnement, pour les contribuables et pour les fermiers qui veulent produire de manière responsable".

Quant à Olivier De Schutter, expert de l'ONU sur le droit à l'alimentation, il s'en est pris au niveau des subventions agricoles, qui représenteront encore en 2019 50,2 milliards d'euros (33% du budget de l'UE). Selon lui, "des subventions agricoles de cette ampleur engendreront toujours des distorsions" dans les pays en développement.

© 2011 AFP

dimanche 9 octobre 2011

Les pesticides, facteurs de tumeurs chez les agriculteurs

Extrait du Monde Deux tiers des tumeurs chez les agriculteurs sont associées à une exposition professionnelle aux pesticides, selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Réalisé chaque année à partir des données recueillies par le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles, qui compte 32 centres en France, le document précise que les tumeurs représentent 12 % des pathologies en relation avec le travail dans le secteur "Agriculture, pêche et sylviculture".

Il constate aussi une multiplication par trois de la part de ces tumeurs dans les pathologies signalées entre 2001 et 2009. L'Anses pointe une "surnotification" des tumeurs chez les agriculteurs.

L'association Générations futures, qui dénonce les dangers des pesticides, des produits chimiques et des organismes génétiquement modifiés, a estimé, vendredi 7 octobre, que le rapport de l'Anses corroborait ses accusations.

"Risques sanitaires accrus"

,"Ces données ne font que confirmer les éléments que nous collectons depuis des années sur ces risques sanitaires accrus liés à l'exposition aux pesticides, estime François Veillerette, son porte-parole. Il est maintenant plus que temps de prendre des mesures de réduction de l'usage des pesticides et de bannir tous ceux suspectés d'être cancérigènes."

Une autre enquête, baptisée Agrican et présentée à la mi-septembre par la Mutualité sociale agricole (MSA), fait également état, mais moins catégoriquement, de risques liés aux pesticides. Lancée en 2005 et menée sur 180 000 personnes dans douze départements agricoles, elle relève une "légère surmortalité" observée pour les mélanomes de la peau, qui pourrait s'expliquer par le travail en plein air. "Les facteurs de risque (pesticides, exposition à l'ensoleillement) expliquent très certainement cette légère surmortalité", pointe la MSA, dont l'enquête conclut que, globalement, les hommes et les femmes du monde agricole risquent moins que les autres de mourir d'un cancer.

Tous secteurs professionnels confondus, les tumeurs représentent 7,6 % des pathologies en relation avec le travail. Plus présentes chez les hommes, elles sont aussi plus fréquentes dans les industries manufacturières (40 % des signalements) et la construction (20 %). L'exposition à l'amiante reste l'une des causes principales.

Selon l'Anses, les tumeurs arrivent en cinquième position dans le classement des pathologies professionnelles, derrière les pathologies respiratoires (24 %), les troubles mentaux et du comportement (22 %), les pathologies cutanées (17 %) et les maladies ostéo-articulaires (16 %).

Rémi Barroux

mercredi 28 septembre 2011

Décret n° 2011-1000 du 25 août 2011 modifiant certaines dispositions applicables aux marchés et contrats de la commande publique

Article 53 Attribution des marchés L’article 53 du code est modifié pour inclure, dans les critères de sélection des offres, « les performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l’agriculture ». Cette mesure permettra de rapatrier de la valeur ajoutée pour les agriculteurs en diminuant le coût des intermédiaires et de préserver l’environnement en limitant le déplacement des produits et le recours aux plateformes de répartition (art. 18 du décret).

Voila une disposition qui devrait permettre d'améliorer les circuits courts producteurs-collectivités locales et garantir que la marge ira chez les producteurs et non pas chez des intermédiaires. Nous ne manquerons pas d'interroger nos élus sur la suite donnée.

samedi 25 juin 2011

Un de nos lecteurs nous interpelle à propos du gaz de schiste!

Bonjour,

Je suis étonné que Croquelune, étant un site d’information supposé avoir une certaine neutralité, fasse une telle campagne contre l’exploration des gaz de schiste !!!

Je ne suis pas favorable à une exploitation des gaz de schistes par des méthodes similaires de celles de l’Amérique du Nord (USA et Canada), car manifestement trop polluants.

Toutefois j’estime qu’explorer la quantité de gaz de schiste, qui pourrait se trouver dans notre sous-sol, permettrai un débat plus serein sur les impacts économiques et écologiques pour le pays.

Si la France abandonne le nucléaire, comme exigée par une petite fraction de la population, il faudra bien remplacer cette énergie par une autre !

Peut-être qu’on trouvera des méthodes d’exploitation des gaz de schistes, moins néfastes au point de vue écologique, sans « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Le progrès de l’humanité c’est fait grâce à la découverte et l’application de nouvelles technologies.

Pour votre information je vous donne en fichier attaché un article publié par la Société Royale de Belgique sur les problèmes énergétiques en Europe. Cet article démontre clairement que le monde continuera à avoir besoin d’énergie et que les solutions pour les couvrir ne sont pas abondantes.

N’oubliez pas que parmi les énergies fossiles, le gaz reste le moins polluant !

Si on refuse le progrès technique, on risque de se retrouver dans des cavernes !!!

Cordialement,

Marc Clerens

Cliquez sur le lien ci aprés pour lire Les lignes de force du futur énergétique

La réponse de Croquelune. Cher Monsieur

Merci de votre contribution. Elles sera sur le site de Croquelune.fr si vous en êtes d'accord. Votre intervention pose les termes du débat. Pourquoi ne pas venir soutenir votre point de vue lors de cette réunion à Marsillargues. Nous y participerons et veillerons à ce que vous interveniez.

Quand au principe de neutralité que vous attribuez à notre association, nous préférons celui d'animateur du débat. Nous ne proférons pas de vérité établie mais nous tenons à ce que l'expression citoyenne puisse se faire jour. Donc débattons et que chacun en conscience et en connaissance de cause fasse ses choix, même dans les urnes. Cordialement .

Le G-20 agricole accouche d'une souris !

Sous couvert de lutter contre la volatilité des prix, toutes les préconisations vont renforcer l'insécurité alimentaire. La recommandation la plus forte est de conclure au plus vite le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce, avec la poursuite de la libéralisation des échanges agricoles et le refus pour les Pays en voie de développement (PED) de renforcer leur protection. La déclaration finale du G20 agricole colle d'ailleurs étroitement au rapport remis à Nicolas Sarkozy le 11 juin par les 10 institutions internationales qui régentent ce désordre alimentaire mondial.

Il s'agit de promouvoir "un marché agricole plus ouvert qui améliore la transmission des signaux du marché", "d'améliorer la coordination internationale des politiques agricoles afin de renforcer la confiance dans les marchés internationaux", de "faciliter les flux internationaux de produits agricoles pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale », et pour cela

  • d'améliorer et mettre en œuvre les instruments de gestion des risques", avec des préconisations totalement irréalistes de favoriser les marchés à terme agricoles dans les PED alors que les expériences très limitées de la Banque Mondiale en Afrique subsaharienne depuis les années 90 ont été un échec total. Il en irait de même pour les systèmes d'assurances agricoles qui leur sont d'autant moins accessibles qu'ils nécessitent des subventions massives, comme c'est le cas dans les pays riches ;
  • d'améliorer le fonctionnement des marchés dérivés agricoles", sans plus de précision, la balle étant renvoyée au G-20 des Ministres des finances. La spéculation sur les marchés agricoles, qui contribue fortement à la volatilité des prix alimentaires, ne pourra que continuer à se développer.

Faute de consensus, le G-20 se limite à préconiser la mise en place de stocks de sécurité régionaux dans les seuls PED sujets aux crises alimentaires. Ces stocks régionaux seront impuissants à lutter contre la flambée des prix tant que les Etats-Unis qui sont "faiseurs des prix mondiaux" des grains et l'Union européenne continueront à déréguler leurs marchés et à réduire leurs stocks céréaliers.

Aucun consensus n'a été trouvé pour souligner le rôle déterminant de la production d'agrocarburants dans la flambée des prix agricoles, et le rapport demande seulement d'approfondir les analyses sur ce sujet.

La solution avancée par le G20 agricole repose sur l' « augmentation significative de la production et de la productivité agricoles », avec notamment la concentration des efforts sur la recherche sur le génome du blé : il s'agit ainsi de favoriser les intérêts de l'agro-industrie et des multinationales d'OGM au détriment de l'autonomie des paysans. Ceci alors même que les problèmes reposent avant tout sur des inégalités très fortes d'accès à l'alimentation et de développement agricole, pour lequel les OGM sont tout sauf une solution.

On ne pouvait pas s'attendre à d'autres résultats de ce G-20 agricole puisque, sous couvert de lutter contre la "volatilité" des prix, les grands exportateurs mondiaux de céréales et oléagineux – Etats-Unis, Canada, Australie, UE, Argentine, Brésil, plus Indonésie et Malaisie pour les oléagineux – ont intérêt à la poursuite de la flambée des prix qui a fortement augmenté les revenus tout au long de ces filières, même si cela continuera à faire souffrir les importateurs nets du Sud et les éleveurs du monde entier.

Pourtant la reconstruction des politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire, basée sur une protection efficace à l'importation et des prix rémunérateurs aux agriculteurs, serait demain, comme hier dans les pays du Nord, le seul moyen de mettre un terme à la faim dans le monde et de promouvoir un développement durable. ATTAC continuera son combat en ce sens, avec tous les mouvements sociaux du Nord et du Sud.

Attac France, le 23 juin 2011

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